TU VEUX FAIRE L’AMOUR DANS L’EAU?

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Sophie Cadalen

Moment rare, ils sont seuls au bord de la piscine, allongés sur des transats. Les amis avec lesquels ils partagent la location sont partis en balade, emmenant les enfants. Ils somnolent sous la caresse du soleil, goûtant ce luxe d’un temps qui leur appartient.

« Ce serait le moment de faire l’amour dans la piscine, lance-t-il.
— Faire l’amour dans l’eau ? C’est très surfait. Pas mon plus grand pied en tout cas, glousse-t-elle.

— Ah bon ?! Tu l’as déjà fait dans cette piscine ? Avec qui ?!

— Dans cette piscine, non. Mais dans l’eau et avec toi oui, il y a longtemps. Tu ne t’en souviens pas ? C’était marrant mais pas terrible en fin de compte. L’amour sous la douche passe mieux au cinéma qu’en vrai.

— Comme tu dis, c’était il y a longtemps. Peut-être qu’on apprécierait aujourd’hui ? Ou qu’on s’y prendrait mieux ? Et puis on n’a jamais essayé dans une piscine…

— Mouais…

— Quoi “mouais” ? Ça ne te dit rien ? Tu n’as pas envie d’essayer un truc nouveau, pour une fois ?

— Pour une fois ? Y a quelque chose à comprendre, là ? Tu me passes un message ? Ta vie sexuelle manque de piquant ?

— Pas du tout, j’adore faire l’amour avec toi, tu le sais. Mais faut avouer qu’on n’essaye plus grand-chose, alors pour une fois qu’on pouvait bousculer un peu nos habitudes…

— Tu n’as qu’à les bousculer, si t’en as envie, nos prétendues habitudes. Parce que pour ma part ça va plutôt bien. Enfin c’est ce que je croyais.

— Bien sûr que ça va bien ! Mais tu t’entends ?! Je te suggère un truc un peu sympa et tout de suite tu dis non.

— Je n’ai pas dit non ! Mais la façon dont tu t’y prends, franchement, ce n’est pas très excitant. J’ai l’impression que tu me reproches de ne pas en faire assez, ou pas comme il faut. Viens me chercher si t’en as envie, au lieu de me demander l’autorisation.

— J’ai compris, je te fiche la paix ! Tu as raison, on va profiter d’être peinards pour finir nos bouquins, c’est mieux !

Ils se taisent, un peu fâchés, un peu gênés aussi de s’être emportés…

— Qu’est-ce que tu me ferais, dans l’eau ?

— [Après un temps.] Je te regarderais nager, d’abord. Jusqu’à ce moment où, toujours, tu te reposes en faisant la planche. Là, je m’approcherais, comme un requin je rôderais autour de toi.

— Je saurais que tu es là ?

— Bien sûr. Mais tu m’ignorerais. Comme si tu ne savais pas ce qui allait se passer.

— Et il se passerait quoi ?

— Je passerais sous toi et déferais ton haut de maillot. Je tirerais sur les ficelles, tes seins pointeraient hors de l’eau.

— Je ne me défendrais pas ?

— Non ! Tu m’aiderais même en ne bougeant pas. Tu aurais du mal, pourtant, à rester immobile quand par surprise j’embrasserais ta poitrine, quand je goberais et mordillerais tes tétons.

— Parce que j’aurais mal ?

— Non, tu n’aurais pas mal. Loin de là… Mais tu en voudrais davantage et mes baisers finiraient par t’agacer, tu les trouverais trop sages. Ton bassin commencerait à onduler, malgré toi, mais tu serais obligée d’attendre.

— Pourquoi ?

— Parce que c’est moi qui décide, et que j’ai envie que tu n’en puisses plus, que tu me supplies de te prendre.
— Et qu’est-ce que tu fais pour ça ?

— J’abandonne tes seins et commence à effleurer ton sexe. Tu as encore ton maillot, je te caresse à travers le tissu. D’abord avec ma bouche, tout doucement, tellement doucement que tu ne serais pas sûre que je te touche. Tu te demanderais si c’est moi ou le clapotis de l’eau, et tu espérerais que ce soit moi, et que mon toucher devienne plus franc et plus brutal. Ce n’est pas ce que tu veux ?

— Si, c’est ce que je veux. Mon clitoris est dur, j’ai l’impression qu’il va crever le tissu. Je n’en peux plus, je voudrais que tu le prennes dans ta bouche.

— Il va falloir que tu patientes. Continue de faire semblant. J’ai envie de te déguster tranquillement, de te grignoter chaque fois que je plonge. Je sens que tu mouilles, tes eaux sont plus chaudes que celles de la piscine. Je voudrais que tu mouilles si fort que toute l’eau en soit réchauffée.

— Je ne pourrai pas attendre si longtemps. Je vais être obligée de me branler si tu ne fais pas quelque chose.

— C’est moi qui fixe les règles, tu te branleras si je le décide. Tu n’en auras pas besoin car je deviens plus gourmand, moi aussi je perds patience. Tu commences à m’énerver sérieusement, j’ai envie de bouffer ton sexe, de te fouiller avec ma langue, j’ai envie de boire ton jus.

— Oui, viens. Viens t’énerver. Viens me bouffer.

— J’attrape ta culotte avec mes dents, je la tire et tu finis de la virer d’un coup de rein. Tes poils flottent dans l’eau, comme une mousse, j’y enfouis mon nez, ma bouche…

— Je veux tes doigts.

— Ce n’est pas les doigts que j’ai envie d’y mettre. Mais d’abord je veux que tu jouisses. Sans que rien rentre en toi, je veux que tu exploses, que tu dégoulines. Si je continue à te lécher, si j’attrape ton clitoris, que je le suce, est-ce que tu vas décoller ? Est-ce que tu aimes ce que ma bouche te fait ?

— Oh oui, j’aime, j’aime tellement que je veux ta bite. Est-ce qu’elle a envie aussi ? Dis-moi qu’elle est dure, dis-moi qu’elle veut me remplir, le plaisir m’ouvre trop, ça fait mal…

— Elle est prête, elle devient méchante. Elle ne sera pas tendre tu sais, elle est au bord de l’explosion, elle n’a pas le temps des précautions. Elle veut seulement te défoncer, elle t’aime trop pour te ménager.
— Je suis toujours sur le dos, dans l’eau ? Comment vas-tu me prendre ? Tu me sors de la piscine ?

— Non, je t’attrape et te pousse contre le bord. Tu es coincée entre la pierre et moi, derrière toi. Ma bite se cogne à tes fesses, elle veut rentrer, elle veut te défoncer.

— Mon sexe va l’avaler, il a trop faim, je ne veux pas qu’elle prenne un autre chemin…

— Trop tard. Tu es à moi mon amour, je te prends comme je veux. Et je sais que tu aimes. Hein, tu aimes ça ? Dis-le, je veux l’entendre… — Oui, j’aime. J’aime comme tu me baises…

Ils se taisent, les yeux fermés pour savourer le fantasme.
Un temps, puis elle lance :

— J’ai chaud, je vais me baigner. Si cela te dit… »

© Janvier 2015. Tous droits réservés.
Biographie de l'auteur:
 Sophie Cadalen a de multiples talents. Elle a écrit de nombreux essais sur le couple. Elle est également l’auteure de romans érotiques, dont Tu meurs, réédité aux éditions Tabou.

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